Article-CEG(775x400)-COAXIS_v2

Cloud du cabinet : pourquoi faire appel à un hébergeur indépendant ? Démonstration avec Joseph VEIGAS de Coaxis

Basé dans le sud ouest, à Marmande (47), Coaxis est une PME d’une trentaine de personnes qui existe depuis 15 ans. Elle est spécialisée dans l’externalisation d’infrastructures informatiques. Sa particularité est d’être extrêmement présente dans le métier de l’expertise comptable. Aujourd’hui, Coaxis héberge plus de 200 cabinets d’experts-comptables. Nous avons interviewé Joseph VEIGAS, Directeur Commercial de Coaxis. Il nous présente les avantages de l’externalisation des solutions informatiques pour les cabinets d’expertise comptable.

Communauté des Experts en Gestion : En quelques mots, pouvez-nous nous expliquer la particularité de Coaxis ?

Joseph VEIGAS : « Nous avons la particularité par rapport à d’autres hébergeurs et prestataires spécialisés en externalisation d’être totalement propriétaires de nos infrastructures d’hébergement. Le fait d’être propriétaire n’est pas juste une question de possession mais cela signifie que nous maîtrisons parfaitement tous les aspects de la chaîne de l’hébergement. Pour résumer, tout est sous la responsabilité de nos ingénieurs et techniciens. De ce fait, la réactivité est très importante. Nous avons une qualité de service qui est plus élevée que si nous étions dépendants d’un opérateur. »

C.E.G. : Aujourd’hui, dans le monde informatique, il existe 3 types de fournisseurs : l’éditeur de production comptable, les outils périphériques (RCA, EIC, Francis Lefèvre, Factorielles,…) et l’hébergeur. A votre avis, quel est le risque de confier son hébergement à son fournisseur principal (outil de production) ?

J.V. : « Actuellement, ce qui ressort c’est que les cabinets sont de plus en plus réticents à confier leurs systèmes informatiques à leur éditeur de production comptable. Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, dans le domaine de l’expertise comptable l’interconnexion entre différents logiciels est plus importante que dans d’autres métiers. Le Cabinet ne dispose pas juste d’un ERP. Il a aussi des outils de production comptable, de paie, des logiciels d’analyse et de présentation (logiciels RCA par exemple) et bien souvent il utilise des outils très spécialisés (logiciel EIC par exemple). 

Parfois, certains des éditeurs de ces outils proposent leur propre cloud fermé. Le problème pour les cabinets c’est qu’ils vont se retrouver avec plusieurs abonnements et donc différents clouds eux-mêmes fermés les uns vers les autres. Les cabinets vont donc avoir des difficultés à faire interagir les informations entre les nombreux outils : des ressaisies vont être obligatoires par exemple. Et puis, cela signifie également que les cabinets ne pourront pas se servir d’outils d’implémentations des données d’un logiciel à l’autre comme peuvent l’être les plugs développés par RCA. Je le rappelle, ces outils géniaux permettent de se raccorder à n’importe quel outil de production. Dans les clouds fermés, ce n’est pas possible.

Un autre inconvénient est que cela va affecter de manière importante la productivité du cabinet. Il faut sans arrêt passer d’un environnement à un autre. Il faut se déconnecter puis se reconnecter. Au lieu d’avoir un bureau sur lequel on peut stocker tous les dossiers, fichiers et autres éléments… le Cabinet se retrouve avec des dossiers éparpillés dans autant de clouds qu’il a de prestataires… Le collaborateur a bien intérêt de savoir où il a rangé ses billes ! Dans ce cas-là, cela aussi ça peut devenir compliqué. 

C’est pourquoi, je pense qu’il faut se méfier et ne pas être trop dépendant d’une chaîne qui soit éditeur-hébergeur. En effet, cela implique que le cabinet comptable se retrouve avec un degré de dépendance qui peut être problématique pour lui. Quand tout est chez le même prestataire, cela peut freiner les évolutions technologiques du cabinet. Par exemple, si un cabinet décide de tester un nouveau logiciel d’un prestataire différent, l’hébergeur initial peut lui indiquer que ce n’est pas compatible et de ce fait le cabinet n’a plus la main.

A mon avis, c’est une règle de bon sens d’avoir d’un coté son éditeur avec lequel le Cabinet n’est pas marié et d’un autre côté, son hébergeur où il doit également pouvoir y avoir une réversibilité. Quand les deux sont trop étroitement liés, cela devient compliqué car la plupart du temps, les cabinets n’ont pas de responsable informatique dédié à analyser le risque qu’il peut y voir quand on veut aller vers des nouveaux outils.

C.E.G. : Pensez-vous qu’à l’heure où le CLOUD est synonyme de liberté, c’est l’inverse qui se créé ?

J.V. : « Si on ne prend pas garde, c’est effectivement ce qu’il pourrait se passer. Il faut qu’à tous les échelons il y ait une capacité pour le cabinet de pouvoir évoluer, changer, passer chez un autre éditeur. A mon avis, ce sont des règles de bonne concurrence. Demain, avoir son outil de production hébergé chez l’éditeur c’est une chose mais comment le Cabinet fait pour tout récupérer dans de bonnes conditions s’il décide de changer de prestataire ? Je pense que c’est tout autre chose… A mon avis, pour certains éditeurs, le fait d’obliger les cabinets à passer dans un cloud fermé, c’est une volonté d’accroitre le niveau de dépendance du cabinet envers eux.»

C.E.G. : Quels sont les avantages pour le Cabinet de faire appel à des hébergeurs indépendants qui ne sont pas éditeurs comme Coaxis ?

J.V. : « D’une manière générale, je dirais que c’est plus simple et plus productif pour les cabinets. En outre, du fait de notre spécialisation dans le métier de l’expertise comptable, nous avons des techniciens qui connaissent très bien les logiciels utilisés par cette Profession. Certains même ont une double compétence : comptabilité et informatique. Cela favorise les échanges avec les experts-comptables et les collaborateurs.  

Et puis, Coaxis est plus qu’un simple hébergeur. Dans la plupart des cas, nous sommes devenus le véritable service informatique externalisé du cabinet. Nous ne sommes plus seulement un hébergeur qui met à disposition de l’infrastructure, nous allons beaucoup plus loin que ça.   Par exemple, en aval, nous pouvons intervenir sur la mise en place d’un nouvel outil et accompagner le Cabinet qui a besoin de faire des choix (cela peut aller du simple photocopieur au logiciel plus technique) et parfois même c’est nous qui devenons l’interlocuteur avec les prestataires du Cabinet. En effet, l’expert-comptable peut parfois se sentir un peu perdu parmi les nombreux outils du marché. Nous, nous sommes là pour l’aider. D’ailleurs, c’est pour cette raison que nous présentons de moins en moins comme un hébergeur mais de plus en plus comme un prestataire d’externalisation des systèmes informatiques.

Nous assurons également tout ce qui concerne les mises à jour des logiciels (Cégid, Quadratus, Agiris, SageCoala, ACD, RCA, EIC, etc.). D’ailleurs, en plus de les effectuer, nous les réalisons en dehors des heures ouvrables (entre 12h00 et 14h00 ou bien le soir) de manière à ce que les Cabinets ne soient pas impactés.

Pour toutes ces raisons, je pense qu’il y a donc certainement plus d’avantages à externaliser son système informatique que continuer à avoir une infrastructure en local.

Je vais également prendre un exemple qui illustre bien un des avantages de recourir à notre système d’externalisation. Nous avons eu le cas récemment d’un cabinet client touché par les intempéries dans le Sud-Est de la France. Son cabinet a été inondé et est devenu impraticable. Les collaborateurs ont dû resté quelques jours chez eux avant de pouvoir réintégrer le Cabinet mais ont pu continué à travailler à distance. A aucun moment, l’outil de production n’a été affecté.

Enfin, nous sommes totalement objectifs. Nous n’avons aucun intérêt à préconiser tel ou tel éditeur de logiciels. Lorsqu’un cabinet nous demande de lui faire un diagnostic et de lui préconiser un outil, nous le faisons en toute impartialité. L’important pour nous est que tout fonctionne parfaitement car dès qu’il y a un problème informatique au sein du Cabinet, nous sommes les premiers à être contactés ! »

C.E.G. : A votre avis, le fait de faire cohabiter des logiciels RCA dans un environnement qui comporte d’autres outils, peut-il fragiliser l’écosystème mis en place ?

J.V. : « C’est totalement faux et bien au contraire. Les outils RCA contribuent à une augmentation de la productivité dans les cabinets. Honnêtement, je ne vois pas quelle opération de magie ferait que l’écosystème soit fragilisé ! Nous appliquons des solutions techniques connues et sérieuses : les mêmes que d’autres voudraient appliquer ou utiliser mais dans du Cloud fermé. »

C.E.G. Enfin, par rapport au prix : n’est-ce pas plus cher de rajouter un tierce intervenant (hébergeur indépendant) ?

J.V. : Non ce n’est pas forcément plus cher. Je reviens à la problématique du métier qui fait qu’un cabinet utilise minimum 4 logiciels et cela peut aller jusqu’à 10 logiciels dans certains cas. Vous comprenez bien que demain si chaque éditeur doit proposer son propre cloud et bien c’est dans ce cas là que cela va commencer à couter très cher.

Informations additionnelles pour cet article

19 novembre 2015 Elise MACE ,